« Les Mémoires d’un Hanneton » – Docteur Ernest Jeanbernat

llier littérature et entomologie n’est pas une mince affaire. Un ouvrage conservé dans notre fonds Venance Payot réalise ce grand-écart :


L’appel de la nature :

Après de brillantes études de médecine, Ernest Jeanbernat (1835-1888) se tourne vers l’histoire naturelle. Passionné de montagne il parcourt les Pyrénées : observateur scrupuleux, il est à l’origine de découvertes géologiques et botaniques importantes. Médecin et botaniste reconnu, il revient à ses premières amours avec Les Mémoires d’un Hanneton, qui lui permet de concilier littérature et sciences naturelles.

Un monde en miniature :

L’auteur étudie les mœurs de ces insectes, leurs métamorphoses, dans un ouvrage aussi instructif qu’amusant. Le botaniste fait ici œuvre de vulgarisation. Il démontre que l’instinct et l’intelligence du hanneton valent ceux de l’abeille ou de la fourmi et présente l’insecte dans son milieu naturel et son environnement « social ».

L’astuce du manuscrit trouvé :

Une introduction, sous forme d’ode à l’histoire naturelle, inscrit l’ouvrage dans une certaine tradition littéraire : celle d’un manuscrit que l’auteur prétend avoir trouvé. Ernest Jeanbernat raconte avoir découvert une liasse de feuilles de marronnier, sur lesquelles était écrit ce texte. Il termine ainsi ces mémoires par cet épilogue :

« S’ils ont eu le don de vous plaire, j’en accepte la responsabilité ; sinon, je la rejette toute entière sur mon collaborateur et je m’en lave les mains ; car, en sa qualité de coléoptère, il ne fera pas la plus légère protestation. » (p. 682)

Plaire et instruire :

Ce journal, qui regroupe les observations, les aventures et les états d’âme de l’insecte depuis sa naissance jusqu’à sa mort, aborde également certaines questions scientifiques essentielles. Chaque chapitre est consacré à un épisode de cette vie en miniature (« Un drame sous une feuille de laitue »), le hanneton fait son propre portrait, dresse son état civil, se frotte à de dangereux prédateurs ou découvre de nouveaux lieux de vie (« Une bouse de vache »).

Cet ouvrage de 684 pages, édité en 1868, ne sera pas mis en vente par l’auteur. Une seconde édition, illustrée cette fois, paraît en 1890 : les dessins sont réalisés par A. Clément, Mesnel, Rouyer, Traviès.

« Ce livre, écrit d’un style aimable et charmant, est émaillé de fines railleries, parfois de vives critiques à l’adresse de l’espèce humaine ; le hanneton y donne à l’homme plus d’une leçon. » M. Lamic.

Vous pouvez demander à le consulter au 1er étage de la bibliothèque Bonlieu, secteur Patrimoine.

Références du document :

Les Mémoires d’un Hanneton, Docteur Ernest Jeanbernat, Fonds ancien, cote : P 120 (Fonds Payot)

Article de Séverine – Secteur Adultes/Bibliothèque Bonlieu

Pour aller plus loin :
– Lisez l’article de M. Lamic, in. Revue de botanique, bulletin mensuel de la Société française de Botanique, t. VII, 1888-1889
– Voyez la biographie (en espagnol) d’Ernest-Jules-Marie Jeanbernat sur Wikipedia